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Le tombeau de Lazare.

Source: Jean 11


Un Ange du Seigneur s'était lové au creux de ton épaule, ô Lazare, et tu ne le savais pas.
Doucement, il a pris l'apparence d'une ombre. Alors tes ongles ont commencé leurs vies parcellaires. Une existence d'anarchie et de vanité.

Tu avais des larmes plein les yeux avant qu'Il ne te rappelle. Et l'Ange s'était tissé avec leur sel. Il avait cherché à regarder le Monde. Il avait cherché la justice, il avait cherché un homme qui fût réellement bon au sens de sa nature d'Ange du Seigneur.
Pas même toi.

Alors il s'était fait d'un sel noir comme un soleil mort, puis lentement il avait laissé ton monde s'effondrer. Les cinq piliers qui soutenaient ton âme retournèrent à la terre, leur élément.
L'eau de toutes tes soifs, le feu qui faisait virevolter ton esprit dans tes yeux, l'air qui allumait des milliers d'étoiles dans ton sang, puis l'alpha et l'oméga du temps dont les extrémités s'effleurèrent d'une caresse mortelle.

Ainsi Lazare était mort et ses sœurs le pleuraient déjà depuis quatre jours.
Mais son âme souriait encore.

L'Ange était resté à ses côtés pour accompagner sa nuit et bien qu'il fût mort, ses rêves continuaient à prier avec lui. Mais à l'instant où la transcendance de celui qui vient effleurera son âme, celle-ci se remettra à briller.

Car celui qui vient vers toi ne vient pas de la pleine lumière.
Il n'est pas à t'attendre à l'autre bout du chemin.
Non, Il vient d'où tu viens, et comme pour toi, sa route tombe en poussière derrière ses pas.